L’art de transmettre par l’image : Edgard Derouet, un affichiste dionysien
Né à St-Denis-en-Val en 1910, Edgard Derouet compte parmi les figures majeures de l’affiche illustrée du XXe siècle. Alors qu’à l’époque les supports visuels sont relativement rares, chaque création porte une responsabilité autour de 3 objectifs : donner du sens, informer clairement et être compréhensible par tous.
Entre les années 1930 et 1950, Edgard Derouet devient un affichiste reconnu, réalisant des œuvres pour le cinéma telle La Ruée vers l’or en 1945, mais aussi pour de nombreux événements culturels et commerciaux, ainsi que pour des manifestations populaires comme la Foire de Paris ou le Concours Lépine.
Dans l’espace public, l’affiche constitue progressivement un média central. Et le travail du créateur repose alors sur des préceptes de plus en plus rigoureux : hiérarchisation des informations, sobriété des formes et efficacité du propos.
De fait, le temps consacré à la création graphique est indissociable du soin apporté au sens, car l’image, loin d’être décorative, est un formidable vecteur d’information, dès lors que celle-ci est traitée avec responsabilité dans sa diffusion auprès du public.
À l’inverse de notre époque contemporaine, marquée par une communication visuelle omniprésente et instantanée, où l’abondance d’images peut brouiller le sens et servir la désinformation, l’œuvre d’Edgard Derouet témoigne d’un temps où l’image devait avant tout éclairer, informer et fédérer. L’héritage culturel d’Edgard Derouet invite à une réflexion sur la place de l’image dans notre société. Et plus largement encore, transmettre des informations n’a de valeur que si celles-ci reposent sur des sources fiables et vérifiables, car la clarté du propos est le premier garant d’un débat citoyen sain et éclairé.
