Géothermie à St-Denis-en-Val : attention à la fausse bonne idée

La majorité municipale sortante met aujourd’hui en avant un projet de géothermie destiné à alimenter un futur réseau de chaleur pour les serres, les 3 groupes scolaires publics et l’EHPAD des Pinelles. Présentée comme une solution écologique et vertueuse, cette proposition mérite pourtant d’être examinée avec rigueur, lucidité… et prudence.

Derrière un discours rassurant se cachent en effet des choix techniques lourds, coûteux et incertains, dont les conséquences ont déjà conduit d’autres collectivités à faire marche arrière.

Une technologie plus complexe qu’il n’y paraît

Contrairement à l’image simple et vertueuse souvent associée à la géothermie, le projet envisagé à St-Denis-en-Val nécessite des installations industrielles importantes, des travaux lourds pour l’installation du réseau dans la commune et une exploitation délicate dans la durée. Il faudrait construire sous la route un réseau de distribution de 7 km de Melleray au centre bourg.

Le spectre du passé : l’échec de la géothermie dans les années 80 à Melleray

St-Denis-en-Val a déjà fait l’expérience d’un projet similaire dans les années 80 sur le secteur de Melleray. Le forage réalisé alors a dû être abandonné après de lourdes difficultés techniques liées à la nature de l’eau, qui ont endommagé les installations et conduit à l’arrêt définitif du dispositif. Ce précédent local doit nous inviter à la prudence, et non à l’oubli.

Quand d’autres collectivités font marche arrière

Si cette solution était fiable et économiquement sécurisée, pourquoi tant de projets publics ont-ils été abandonnés ?

  • À Orléans, en 2025, pour le groupe scolaire du Nécotin, la Ville a finalement écarté cette option, estimant que les risques techniques et géologiques étaient trop importants pour un équipement public.
  • Dans le Loiret, le Conseil départemental a mis fin dès 2016 à l’exploitation du système installé dans l’immeuble « Le Loiret », jugeant sa maintenance « économiquement inacceptable » en raison de dysfonctionnements récurrents.

Ces décisions récentes démontrent que les difficultés ne sont ni théoriques ni marginales, mais bien réelles et documentées.

Un modèle économique fragile… et risqué pour les contribuables

Le projet repose en grande partie sur la consommation des maraîchers et horticulteurs de Melleray. Or, ce pilier est incertain :

  • Rareté des repreneurs : Les exploitations agricoles capables d’utiliser le réseau se font rares. Si ces clients disparaissent dans 15 ou 20 ans, le réseau deviendra surdimensionné.
  • Charge pour les contribuables : Dans une DSP (délégation de service public), l’opérateur doit être rentable. En cas de défaillance du secteur agricole ou d’explosion des coûts de maintenance (c’est un risque potentiel en cas de forage profond), c’est la commune – et donc nos impôts – qui épongera les dettes.

Un chantier pharaonique

Lors de la réunion publique de la majorité sortante, le 9 mars dernier, le coût annoncé pour ce projet est de 30 à 35 millions d’euros payés par une société privée. Ne nous y trompons pas. Ce sera en définitive la commune qui le paiera par la facturation de l’énergie vendue par l’opérateur.

Vouloir alimenter trois groupes scolaires et l’EHPAD des Pinelles implique d’éventrer la voirie sur St-Denis-en-Val d’Est en Ouest pour poser les canalisations. Les travaux pour traverser la commune paraissent pharaoniques par rapport aux 130 000 € d’économies annuelles espérées.

Au regard de ces éléments, le projet de réseau de chaleur par géothermie semble insoutenable financièrement. Entre le coût exorbitant de la voirie, la fragilité du modèle économique agricole et l’incertitude technique du forage, le risque pour nos impôts est réel.

Choisissons une transition énergétique réaliste et responsable

L’indépendance énergétique est une nécessité, mais elle ne doit pas se construire sur un mirage financier ou sur des promesses floues.

Plutôt que de parier sur une technologie encore incertaine et coûteuse, notre équipe citoyenne propose une stratégie fondée sur le pragmatisme, le respect de la Loi Climat et Résilience et une transition écologique réaliste, qui servira d’abord et directement les intérêts des dionysiens.

Pour St-Denis-en-Val, nous pensons qu’avant d’investir dans une technologie lourde et risquée, il est urgent de traiter les problèmes les plus évidents dont l’isolation de nos bâtiments publics… Isoler, rénover, et améliorer l’existant permettra des économies durables, mesurables et sans pari technologique hasardeux.

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